Saison Méditerranée 2026 : quatre expositions aux Rencontres d’Arles
Du 6 juillet au 4 octobre 2026, les Rencontres d’Arles inscrivent leur programmation dans une réflexion sur la mémoire, les circulations et les héritages en Méditerranée. Quatre expositions portées par Katia Kameli, Bruno Boudjelal, Anne-Lise Broyer et Orianne Ciantar Olive sont soutenues à cette occasion dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, mise en œuvre par l’Institut français.
Lancée le 15 mai 2026 depuis Marseille, la Saison Méditerranée 2026 est portée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le ministère de la Culture, en lien avec la Délégation
interministérielle à la Méditerranée. Sous le commissariat général de Julie Kretzschmar, elle se déploie jusqu’au 31 octobre 2026, avec une ouverture à Marseille puis plus de 500 événements dans une soixantaine de villes en France, en écho à quelques temps forts au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte et au Liban.
Parmi les cinq grandes thématiques de la Saison figurent l’histoire collective des migrations et la construction des récits : deux axes au cœur des quatre expositions présentées à Arles. En accompagnant ces projets, la Saison Méditerranée 2026 affirme son ambition de mettre en lumière des récits pluriels et d’offrir aux publics une expérience réflexive des imaginaires méditerranéens d’aujourd’hui, en particulier autour des questions de mémoire et de circulation.
Le Roman algérien, un nouveau chapitre de Katia Kameli
Depuis 2016, l’artiste franco-algérienne Katia Kameli déploie Le Roman algérien, fascinante enquête iconographique conçue comme une œuvre en mouvement, film-essai polyphonique qui redonne
de l’épaisseur à l’histoire et à la mémoire collective de l’Algérie à travers l’analyse de cartes postales, photographies de presse, œuvres d’art et objets populaires. Le premier chapitre (2016) s’intéressait au « kiosque aux images » d’Alger ; le second (2017) confiait à la théoricienne Marie-José Mondzain un regard sur des images clés de l’histoire algérienne ; le troisième (2019) suivait celle-ci à Alger, au moment du Hirak, à la rencontre de la photoreporter Louiza Ammi et sur les traces de l’écrivaine Assia Djebar à Cherchell.
Pour ce nouveau chapitre présenté à Arles, Katia Kameli ausculte et prolonge le potentiel du film-poème d’Assia Djebar La Nouba des femmes du Mont Chenoua
(1978). Elle y interroge l’actrice principale Sawsan Noweir et saisit les résurgences de lieux et de figures emblématiques du film, des grottes de Tipaza aux potières du Mont Chenoua, qui perpétuent un savoir-faire ancestral. Pour la première fois, l’artiste mobilise également son propre parcours biographique, faisant de la transmission des gestes et des mémoires un motif central de l’œuvre.
Le commissariat de l’exposition a été confié à Clément Dirié.
Née en 1973 à Clermont-Ferrand, Katia Kameli vit et travaille à Paris. Depuis vingt ans, cette réalisatrice et artiste visuelle franco-algérienne se définit comme une « traductrice », proposant des contre-récits nourris de recherches et de faits historiques à travers le film, l’installation et la performance.
Goudron, Tanger - Le Cap de Bruno Boudjelal
« Avant de commencer ce projet, je ne connaissais que très peu le continent africain », explique Bruno Boudjelal, qui découvre l’Afrique en 2001 à Bamako puis au Gabon, sur les lieux d’enfance de sa femme. De cette « étrange familiarité » naît un projet au long cours, mené à hauteur d’homme, à rebours des représentations convenues ; ni l’Afrique exotique, ni l’Afrique des seules douleurs. Suivre le goudron, ces routes mouvantes et difficiles, lui permet de rencontrer des voyageurs aux trajectoires aussi diverses qu’inattendues : un Ghanéen rentrant voir sa famille, un Gambien en route pour les mines d’Angola, un Rwandais cherchant du travail au Sénégal. « J’ai voulu emprunter ces routes (…) avant tout mû par le sentiment que mon histoire personnelle se prolongeait là-bas, de l’autre côté de la Méditerranée », confie l’artiste, pour qui l’expérience artistique est reliée à cette dimension intime et personnelle.
L’exposition fera l’objet d’une extension en gare d’Avignon TGV, avec le soutien de SNCF Gares & Connexions.
Né en 1961 à Montreuil, Bruno Boudjelal est membre de l’agence VU et pratique la photographie comme un mode de vie, interrogeant son identité de Français d’origine algérienne. Vingt années d’exploration en Algérie, la traversée de l’Afrique du nord au sud et un regard porté sur la banlieue parisienne structurent son œuvre, tendue entre deux continents et deux cultures.
Méditerranée, est-ce là que l’on habitait ? d’Anne-Lise Broyer
« Est-ce là que l’on habitait ? » : cette interrogation, à la fois géographique, historique et intime, sous-tend le projet au long cours d’AnneLise Broyer, qui y répond par un vaste ensemble photographique d’un gris sourd confrontant imaginaire et réalité. La Méditerranée y tient lieu de point de vue : mer de récits, de voyages, mer originelle et mythologique devenue linceul. Partie de Carthage, l’artiste déploie son regard d’Alger à Beyrouth, de Tipasa à Baalbek, en passant par Pompéi, Marseille ou Césarée, tressant dans un même chant photographique les temporalités de lieux à la fois contemporains et rêvés. Comme l’écrit la critique Sally Bonn, ses images d’horizons maritimes presque abstraits, alternant douceur et brutalité, donnent à voir « la même humanité vivante, vibrante et figée ».
Née en 1975 à Lons-le-Saunier, Anne-Lise Broyer vit et travaille à Paris. Lauréate de la première résidence au musée de l’Armée - Hôtel national des Invalides (2023) et du prix NiépceGens d’image (2024), elle poursuit depuis plus de vingt-cinq ans un travail photographique qui noue intimement lecture et surgissement de l’image. Elle enseigne à l’École des Beaux-Arts de Lorient.
Les Ruines circulaires d’Orianne Ciantar Olive
En 2019, Orianne Ciantar Olive entreprend de retourner en Syrie en longeant l’ancienne voie ferrée BeyrouthDamas, détruite pendant la guerre civile. Elle ne franchira jamais la frontière : assignée à un espace saturé de lignes infranchissables, elle bifurque vers le sud et remonte le fil du désastre jusqu’au mur de séparation de Kfar Kila. De ce point d’origine naît un principe de renversement qui engage la matière même des images : le Liban devient « Nabil », anagramme et inversion ; les pellicules sont retournées dans l’appareil, exposées au verso du film, sans émulsion, altérant couleurs et repères. Solarisations, fausses identités et inversions des cartes prolongent cette désorientation méthodique, organisée selon une structure spiralée autour d’un motif central, le soleil. Cet essai poétique, politique et métaphysique interroge la répétition des violences et la fabrication des archives en temps réel, sans jamais documenter un conflit de manière frontale : il met à l’épreuve la capacité de l’image à déplacer le regard lorsqu’elle se retourne contre ses propres évidences.
Née en 1981 à Marseille, Orianne Ciantar Olive y vit et travaille. Formée en cinématographie, criminologie, journalisme et photographie (ENSP), elle développe une pratique photographique et multimédia qui conjugue enquête, archive et installation, présentée notamment au Centre Pompidou, à la Villa Pérochon, au BAL ou au musée MM Gerdau. Elle est membre du collectif SOLAR.
Un soutien qui s’inscrit dans une dynamique plus large
Ce soutien aux Rencontres d’Arles s’ajoute à un engagement plus large de la Saison Méditerranée 2026 en faveur de la photographie et des écritures de la mémoire méditerranéenne, qui se déploie tout au long de l’année dans de nombreux lieux en France. À noter que l’exposition « Photo Kegham » au Centre Photographique Marseille ou encore l’exposition de Louisa Babari au Musée d’art contemporain de Marseille font partie du Grand Arles Express, organisé par les Rencontres d’Arlesdans la région Sud.
En accompagnant des artistes français, méditerranéens et issus des diasporas, l’Institut français entend valoriser la richesse des échanges culturels entre les rives de la Méditerranée et donner à voir, par l’image, une Méditerranée plurielle, vivante et en perpétuel mouvement.
Informations pratiques
- Le Roman algérien de Katia Kameli Église Saint-Blaise, 33 Rue Vauban, 13200 Arles, du 6 juillet au 4 octobre 2026
- Goudron : Tanger–Le Cap de Bruno Boudjelal Commanderie Sainte-Luce, 8 rue du Grand Prieuré, 13200 Arles du 6 juillet au 4 octobre 2026
- Méditerranée. Est-ce là que l’on habitait ? de Anne-Lise Broyer Abbaye de Montmajour, Route de Fontvieille, 13200 Arles du 6 juillet au 4 octobre 2026
- Les Ruines circulaires de Orianne Ciantar Olive Maison des peintres, 43 Boulevard Emile Combes, 13200 Arles du 6 juillet au 4 octobre 2026
Informations et réservations
La Saison Méditerranée 2026 saisonmediterranee2026.com
Commissariat général
Julie Kretzschmar
Commissaire générale Saison Méditerranée 2026
Charlotte Clary
Chargée de projet Saison Méditerranée 2026
Contact presse
Agnès Renoult
Communication
saisonmediterranee@agnesrenoult.com
+33 (0)1 87 44 25 25
www.agnesrenoult.com
Contact communication
Institut français
communication-mediterranee@institutfrancais.com
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